Les preuves de l’impact sanitaire de Tchernobyl en France, exemple de la Corse
5 septembre 201130 août 2011
Docteur Denis Fauconnier
Les preuves de l’impact sanitaire de Tchernobyl en France, exemple de la Corse.
La Corse a été particulièrement exposée en raison
de l’importance des retombées de radio-nucléides consécutive à des conditions météorologiques
défavorables,
des habitudes alimentaires particulières
de la saison la plus défavorables.
Des pathologies caractéristiques et des organes cible ont permis avec le recul de bien cerner l’impact
de pollution de nucléaire ; or tous ces indicateurs sont au rouge dans notre région.
I Le pic des hypothyroïdies néonatales en PACA Corse
Hypothyroïdies néonatales en Corse : entre 1980 et 1985 on a dépisté 6 cas d’hypothyroïdie
néonatale dans les 2 départements, soit une moyenne de 1 cas par an, en 1986 on a dépisté 5 cas
dont 4 cas entre le 15 mai et le 15 octobre 1986.
Hypothyroïdies néonatales en région PACA :75 cas d’hypothyroïdies néonatales ont été dépistés en
8 ans entre 1978 et 1985 avec une moyenne de 9,3 cas par an.
Dans la même région en 1986 ont été dépistés 23 cas.
On observe donc en 1986 un excès de 14 cas.
Ces chiffres sont éloquents.
La justice a été sollicitée pour étudier ces cas avec notamment les mois de naissance.
II Pathologies thyroïdiennes en Haute-Corse
il y a une forte augmentation des pathologies thyroïdiennes.
L’ analyse de l’expertise des fichiers du Dr Vellutini, seul endocrinologue en Haute Corse ayant
exercé avant et après 1986, révèle une augmentation de 117% dans la proportion de consultants
pour des problèmes thyroïdiens par rapport aux autres pathologies endocriniennes après 1986.
En d’autres termes la proportion de consultants pour des problèmes thyroïdiens a plus que doublé
après 1986.
Ceci est à mettre en parallèle avec la très forte augmentation des ventes du médicament
Lévothyrox en France.
Parmi les différentes pathologies thyroïdiennes ce sont les thyroïdites type Hashimoto qui ont
augmenté dans les plus fortes proportions .
III Les cancers de la thyroïde chez les enfants
En région PACA, troublante affaire des cancers de la thyroïde des enfants et du registre régional des
cancers de l’enfant du Pr Bernard. Conférence de presse d’Annie Sugier,directrice del’IPSN, le 27
mars 1996 aux journaux « le monde » et « le nouvel obs »:3 cancers de la thyroïde de l’enfant
enregistrés pendant la période 1984 à 1991 et 14 cancers en 1992, 93 et 94.Ces chiffres ont été
rectifiés par la direction Régionale de la Santé, il y aurait eu erreur dans l’interprétation des données
Ce registre, ouvert en 1984, n’a plus donné d’informations à partir de cette date (1996),
contrairement aux autres registres régionaux.
La justice a été sollicitée pour élucider cette affaire.
IV Leucémies de l’enfant en Corse
Plusieurs cas du même type de leucémie (LLA) ont été signalés pour des enfants nés en 1985 et en
1986 dont 2 cas pour la seule Haute Corse et nés au deuxième semestre 86 (données non
exhaustives) alors que l’incidence nationale est habituellement très faible, de l’ordre de 3,3 cas pour
100 000 et qu’il y n’y a en Corse que 2800 naissances par an .
Le registre PACA Corse devait détenir ces informations.
V Les cancers de la thyroïde de l’adulte
Le taux d’incidence des cancers de la thyroïde en Corse sur la période 1998/ 2001est le plus élevé
pour les hommes (publication INVS 2006 pages 32 à 38 « évaluation de l’incidence des cancers de
la thyroïde en Corse , période 1988/2001) ; incidence 3 fois plus élevée que la moyenne nationale et
2 fois plus élevée que dans le Doubs (département qui enregistre la plus forte incidence sur le
continent).
Pour les femmes, l’incidence du cancer de la thyroïde, en Corse, est du même ordre de grandeur que
l’incidence la plus élevée enregistrée sur le continent , c’est à dire le Tarn.
Globalement l’incidence du cancer de la thyroïde en Corse est la plus forte des régions françaises
surveillées, cette incidence est 2 fois supérieure à l’incidence moyenne nationale.
La thèse pour le doctorat en médecine de Sophie Fauconnier, soutenue le 20 décembre 2006 « Etude
de 201 cas de cancers de la thyroïde en Corse entre 1985 et 2006 » permet de retenir que l’incidence
élevée en Corse est bien réelle, seulement 8% des cancers de la thyroïde sont des microcancers de
découverte fortuite ,asymptomatiques , sans complications; ce n’est donc pas l’augmentation de ces
découvertes fortuites qui explique cette augmentation de l’incidence.
VI Pathologies malignes graves
Excès de pathologies malignes graves survenues dans la cohortes des jeunes nés au 2ème semestre
1986 , c’est à dire dont les mères étaient enceintes en mai 86.
Ne serait ce que dans notre micro-région, sans faire de recherches particulières, on a pris
connaissance, parmi les 80 naissances de cette période, de 3 cas de pathologies malignes graves ,
soit 1 cas sur 26, il s’agit d’un lymphome, d’une leucémie et d’un cancer de la thyroïde.
Ces 3 cas ne sont nullement exhaustifs. 3 cas pour une si petite cohorte est tout à fait anormal
compte tenu des très faibles incidences respectives à l’age de survenue.
enfin
L’instruction du TGI de Paris, pôle santé, n’a pas encore conclu sur la plus part de ces points.
Les dossiers de plaignants les plus caractéristiques n’ont pas été instruits .
Les services de l’état, en place depuis 1986, tant par les systèmes de surveillance que par les
différentes alertes , ne peuvent ignorer ces problèmes sanitaires.
La maîtrise de l’information et des données scientifiques est à l’évidence toujours effective.
En niant les répercutions sur la santé d’une pollution nucléaire sur des populations exposées et
vulnérables, les autorités sanitaires se rendent responsables de contre mesures défaillantes lors
d’accidents nucléaires postérieurs.
La gestion cette année de la catastrophe de Fukushima en est la preuve et la population japonaise en pâtira.








